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03
FéVR.
2015

Zoom sur la réforme de la formation professionnelle : révolution… ou désillusion ?

Formations

En mars 2014, le gouvernement a promulgué la nouvelle loi relative à la formation professionnelle,  issue de l’accord national interprofessionnel du 14 décembre 2013.

Cette loi, qui vise à mieux former les salariés aux métiers de demain et aux nouvelles technologies, favorise par là même « le développement des compétences et la compétitivité des entreprises ». Cela passe par la simplification des démarches administratives et des procédures « afin de permettre aux employeurs de faire de la formation professionnelle un levier stratégique de compétitivité » [1].

Il s’agit donc de valoriser la formation professionnelle en tant qu’investissement stratégique pour les entreprises, et non plus seulement comme un coût ou une taxe à la charge de l’employeur. L’accent est mis sur l’humain, le salarié représentant désormais une véritable valeur ajoutée au développement de l’entreprise. Un des objectifs central de la réforme est en effet de rendre le salarié acteur de sa formation grâce aux différents dispositifs mis en place :

–          le compte personnel de formation (CPF), qui est individuel et transposable d’une entreprise à l’autre ;

–          le conseil en évolution professionnel (CEP),

–          l’entretien individuel pour les salariés. Mis en place tous les deux ans, il permet un véritable dialogue entre employeur et salarié dans le cadre de l’évolution des compétences de ce dernier.

Sur le papier, tout semble donc parfait. Mais qu’en est-il dans la réalité ? Car si la réforme de la formation professionnelle est annoncée par le Ministère de l’Emploi, du Travail, de la Formation professionnelle et du Dialogue Social comme une véritable avancée dans la carrière des actifs ainsi qu’un important levier de compétitivité pour les entreprises, les observations sur le terrain ne reflètent pas toujours ses ambitions. Petit tour d’horizon des réactions dans la presse et sur la toile…

 Le Parisien, lui, optimise et parle carrément une « révolution culturelle »[2] en mettant en exergue les enjeux majeurs que cette loi représente pour les entreprises, petites comme grandes (notamment la disparition de l’obligation de financement), ainsi que les nouvelles opportunités offertes aux salariés.

Le Figaro, au contraire, souligne le fait que les cours de langues ne soient pas inclus dans le compte personnel de formation (CPF – remplaçant du DIF). Cependant, la demande est bel et bien là, 30% des salariés réclamant un renforcement en anglais dans le cadre de leur formation professionnelle.

En outre, le CPF est un dispositif encore inconnu pour 84% des salariés selon Le Parisien, et un sondage Ifop pour la startup OpenClassrooms révèle que 66% des actifs n’ont pas l’intention de suivre une formation professionnelle en 2015[3]. Les raisons ? Une bonne moitié des sondés invoquent un manque de temps (55%) tandis que 47% déclarent simplement que cela ne les intéresse pas ! Avec des titres comme « Le CPF est en marche. Vraiment ? », les postes publiés sur LinkedIn dans le groupe « Formation professionnelle » témoignent en effet du manque de connaissance des actifs sur l’existence de ce dispositif[4].

Notons par ailleurs un élément qui ne ressort pas à première vue : les actifs vont devoir créer eux-mêmes leur propre CPF. Cela pourrait aggraver encore un peu plus le peu d’engouement relevé ci-dessus. Heureusement, le blog des consultants APEC[5] nous montre comment procéder, étape par étape, sur le site du Ministère de l’Emploi.

Plus généralement, les nombreuses réactions et commentaires au sujet de la réforme de la formation professionnelle dans son ensemble montrent à quel point les informations diffusées à ce sujet apparaissent comme vagues, voire incompréhensibles. 2015 vient certes seulement de commencer, et les évènements dramatiques de ce début d’année ont sûrement contribué à l’occulter quelque peu. Espérons tout de même que dans les prochains mois, le gouvernement parviendra à mieux communiquer à ce sujet, afin de faire sa réforme de la formation une réelle révolution !

Et maintenant, réagissez !

Et vous, que pensez-vous de cette réforme ?

Vous sentez-vous concernés ? Avez-vous l’intention de suivre une formation cette année ?

Pensez-vous que cela va vous permettre de booster votre carrière ?

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