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27
SEPT.
2015

Expérience d’apprentissage d’une langue

Je suis née dans une famille trilingue. Tout au moins, mon père parlait arabe ( un arabe littéraire) et un français du 18eme siècle!!! Ma mère parlait français et sa langue maternelle: le suédois…Ils avaient décidé, à la naissance de ma sœur ainée, de ne lui enseigner que le français, afin que tous les deux puissent la comprendre.

J’ai quelques souvenirs de l’âge où je ne savais pas encore parler: Les discours de ma mère et de ma nourrice étaient comme une sorte de chanson insensée, comme un chant d’oiseau incompréhensible pour l’Homme…Je désirais à tous prix maîtriser la parole alors « j’attrapais les mots en plein vol! »

A l’école, les institutrices nous (les autres élèves et moi) ont enseigné à structurer nos phrases, à respecter l’ordre des mots, la norme…Chez moi, je potassais les dictionnaires, aidée par mon père !

Au collège, j’ai opté pour l’anglais en première langue. « Tout est compliqué avant d’être simple » comme dirait l’autre ! En tous cas, j’apprenais l’anglais pas-à-pas: les chansons à la TV et à la radio étaient de bons prétextes, pour moi, pour chercher à comprendre, à acquérir des automatismes, des expressions idiomatiques…en gros des capacités langagières!!! En 5eme, je traduisais une bande-dessinée issue du magazine « I love English » pour une amie. Et puis, la méthode utilisée par les professeurs de langues comprenait parfois des mises en scène, des sketches, et j’en étais friande…

A 13 ans, mon père m’a mise dans un train pour Paris. Là-bas, j’ai rejoint un groupe qui partait pour Liverpool, en Angleterre. J’y ai passée trois semaines: Cours d’anglais le matin, cours de tennis l’après-midi! Au retour, l’immersion linguistique avait fait son travail: j’arrivais à construire et à énoncer une phrase simple, en anglais…Je comprenais aussi l’intérêt des langues étrangères contrairement à d’autres enfants qui disaient « parler le français, comme tout le monde! »

Mon rapport aux professeurs de langues était déterminant dans cet apprentissage…On travaille toujours mieux quand on apprécie l’enseignant. La confiance, elle aussi, était importante car, si vous demandez comment dire « cheveux » à votre prof’ et qu’elle répond « hairs *»…vous risquez de choquer les interlocuteurs anglophones, par la suite.

C’est Mme P. qui m’a donné l’amour des langues. Je me suis orientée vers une filière A2 (langues et philosophie= série L). J’ai choisi l’allemand en 2eme langue. Au lycée, j’ai appris l’espagnol par un prof’ qui n’en était pas un!!! Puis, grâce à un voyage dans la province de Madrid, je me suis améliorée!

Parallèlement à ma scolarité, mes parents nous (mes sœurs et moi) ont enseigné des rudiments d’arabe (dialectal) et de suédois (langue parlée par une minorité d’habitants de la Finlande. L’autre partie des habitants parlant le finnois!). Je ne pourrais pas, aujourd’hui, avoir une conversation ni en arabe, ni en suédois mais je connais quelques mots, dans ces deux langues. De même, je suis allée au Sénégal dans les années 90 et les enfants rencontrés là-bas, m’ont enseigné quelques bases en Wolof! Il y a aussi « les langues des cités » que je considère comme langues à part entière, même si elles sont moins complètes, moins riches, moins précises. Parmi celles-ci, on compte: Le Javanais, le Verlan et quelques mots tirés du Gitan…

Tout cela vient enrichir la culture et non pas l’appauvrir. Les langues sont un « sésame » dans la rencontre avec l’Autre, c’est pourquoi, je les ai étudiées, sous tous les angles, jusqu’à ma première année de licence (bac+3!)

*: hairs=poils et hair= cheveux!

– Caro Seb

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