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27
AVRIL
2015

Dis moi quelle langue tu parles… et je te dirai qui tu es !

Dans quelle mesure une langue reflète-t-elle une culture ? Comment fait-on le lien entre langue maternelle et culture ?

Notre langue maternelle détermine-t-elle une certaine vision du monde ?

Tous les chercheurs et experts en linguistique s’accordent à dire que le langage détermine la façon dont nous appréhendons le monde. Mais qu’est ce que cela veut dire concrètement ?

Si le lien entre culture et langue est aujourd’hui avéré, il n’en reste pas moins des interrogations sur les mécanismes inconscients qui nous habitent quand on parle. Car une langue ne se limite pas à la seule fonction de communication ; c’est un ensemble de notions et de concepts culturellement déterminés, et pas seulement un système grammatical de mots abstraits. Chaque langue porte donc avec elle une histoire du monde, un point-de-vue, mais aussi tout l’héritage culturel et scientifique d’une communauté. En bref, à chaque langue correspond une culture, unique et irremplaçable.

Cela me rappelle une émission à la radio sur les Inuits en Alaska. Leur façon de vivre est tellement différente de la nôtre qu’ils utilisent un vocabulaire très spécifique – essentiellement lié à la nature – que nous n’avons pas dans les langues occidentales. Par exemple, en ce qui concerne la banquise, à chaque état correspond un mot, selon qu’elle est plus ou moins rigide et épaisse, en fonction des saisons.

Afin de mieux comprendre ces théories sur le langage, prenons des exemples d’expressions et de mots issus de différentes langues. Comme évoqué précédemment, il existe des centaines voire des milliers de mots qui existent dans une langue et pas dans une autre.

En ce qui concerne ma langue maternelle, la théorie selon laquelle une langue = une culture se vérifie pleinement, en particulier dans le domaine alimentaire. En effet, la gastronomie française a une telle réputation à travers le monde que de nombreux mots sont conservés tels quels dans les langues étrangères. Alors que de nombreux français s’insurgent contre l’ « envahisseur » anglosaxon, notons que l’inverse est aussi significatif. En effet, les anglais utilisent un nombre important de mots français, notamment en ce qui concerne la gastronomie. Ainsi un anglais va acheter un « pain au chocolat » ou une « baguette », travaillera dans un restaurant sous les ordres d’un « chef », en confectionnant de la « crème pâtissière », et de la « French cuisine » et vous souhaitera un « bon appétit ! » On peut aussi évoquer l’exemple du mot « apéritif », un terme typiquement français, qui est calqué sur notre langue par les anglais (‘aperitif’) et les espagnols (‘aperitivo’).

Voici quelques exemples de mots étrangers qui nous semblent à première vue « intraduisibles », dans le sens où ils n’ont pas d’équivalent propre en français ou en anglais :

Verschlimmbessern [verbe allemand] = faire empirer les choses en essayant de les améliorer. Cet exemple reflète bien la culture allemande, réputée pour ses qualités en innovation industrielle. Seuls les allemands ont pu inventer un tel mot, dans leur quête infinie de perfection en ingénierie. Si en français nous n’avons pas de verbe équivalent à un tel concept, l’expression américaine ‘If it ain’t broke, don’t fix it !’ (grosso modo :« Si ce n’est pas cassé, pas la peine de réparer ! ») résume bien l’idée.

sobremesa [nom espagnol] = longue conversation autour de la table après le déjeuner. Si vous êtes déjà allés en Espagne, vous devez savoir qu’ils n’ont pas les mêmes heures de travail que le reste du monde occidental ! Dans la péninsule ibérique, il est en effet courant de passer deux à quatre heures autour de la table pour le déjeuner au beau milieu de la journée avant de retourner au travail. Si le déjeuner est aussi un moment privilégié pour les français, les anglosaxons sont totalement étrangers à cette particularité culturelle, habitués aux sandwichs sur le pouce, au bureau ou même dans la voiture. Le fait que ce mot existe en espagnol montre à quel point cette activité est courante dans la culture espagnole, totalement intégrée à la vie quotidienne. A l’autre bout du spectre, le marketing des restaurants anglosaxons pour la pause de midi utilisent des mots comme ‘Stop N Go’ ou ‘Fast Free Delivery’, qui suggèrent une culture dans laquelle on prend ses repas généralement seul et à la va-vite.

tingo [verbe rapanui ou pascuan] = voler progressivement tous les biens de la maison d’un voisin en les empruntant et en ne les rendant jamais à son possesseur. Le pascuan ou rapanui est une langue polynésienne parlée par les Rapanui, une communauté polynésienne de l’île de Pâques. On peut imaginer que vivre sur une île revient au même que vivre dans une petite ville où tout le monde se connaît, parfois de façon très intime. L’intimité est telle que cela devient normal d’emprunter et prêter ses biens à autrui… et de ne jamais les rendre, comme ce verbe le suggère. Pour un parisien ou un londonien, cela s’appelle purement et simplement du vol !

En résumé, on peut affirmer qu’il n’y a souvent pas d’équivalent entre une langue et une autre. C’est là toute la richesse du langage humain, avec ses plus de 6000 langues parlées à travers le monde ; et si une langue = une culture, on ne peut que s’incliner devant cette diversité culturelle.

C’est pourquoi à Speak English Center, les formations en anglais sont toutes dispensées par des enseignants anglophones, qui seront dans la capacité de vous transmettre non seulement la technicité de la langue, mais aussi tout le bagage culturel qui y est associé.

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  1. Pingback: Speak English Center Pourquoi les français ne comprendront jamais les anglais

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