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06
FéVR.
2015

American style vs British style : 3 bonnes raisons préférer l’un… ou l’autre !

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Une même langue mais deux cultures, deux styles radicalement différents. Il faut dire qu’un océan les sépare… Alors, êtes-vous plutôt Jude Law ou George Clooney ? Kate Moss ou Kate Upton ? The Saturdays ou The Pussycat Dolls ? US style ou UK fashion ?

1ère bonne raison : l’accent

L’accent de la reine Elizabeth vous agace, mais celui de Barak Obama vous fait craquer ? Ou au contraire, vous ne supportez pas celui de John Kerry mais fondez en entendant un discours de David Cameron ? Voici un résumé des différences fondamentales entre accents américain et britannique.

Ce que les américains entendent par le typique ‘British accent’ est ce l’on appelle l’accent « RP » (Received Pronunciation) qui est l’accent « standard », celui que l’on apprend à l’école, et qui est dépourvu de toute particularité régionale. Il est également connu sous le nom de ‘BBC English’, ‘The Queen’s English’ ou encore ‘Ofxord English’, des appellations quelques peu erronées car si la reine parle une forme d’anglais pour ainsi dire unique, l’anglais utilisé à Oxford University et sur la BBC ne cantonne plus à un seul type d’accent. En tant qu’accent standard, le RP est la forme d’anglais la plus étudiée à travers le monde, alors qu’il est utilisé par seulement 2% des britanniques. Il serait d’ailleurs plus juste de le qualifier comme une sorte d’accent anglais – et non pas britannique – étant donné qu’il n’existe quasiment pas ou plus en Ecosse, Ireland du Nord et Pays de Galles.

En opposition à l’accent RP dans l’apprentissage de l’anglais standard en tant que langue étrangère, on trouve l’accent « General American » (GenAm), qu’on appelle aussi le ‘newscaster accent’ (l’accent du présentateur du journal) ou encore ‘Network English’. La majorité des américains n’utilisent pas non plus cet accent standardisé et une langue étant en constante évolution, les grandes métropoles comme New York, Philadelphie, Pittsburg et Chicago ont chacune développé leur propre accent. Le GenAm est désormais considéré comme étant confiné à une petite zone du Midwest.

Parler d’« accent américain » ou d’« accent britannique » est certes d’une simplification grossière, dans le sens où d’innombrables accents régionaux au Royaume Uni et aux Etats-Unis viennent aussi colorer la langue. Ce serait comme parler de l’« accent français », en occultant les accents ch’tis, marseillais, savoyard, dauphinois, toulousain, etc. Cependant, il existe une différence fondamentale entre les accents standards américain et britannique : le ‘rhoticism’ ou ‘rhoticity’ ; le premier est ‘rhotic’ tandis que le second est ‘non-rhotic’. Il n’existe pas de traduction de ces termes techniques grammaticaux en français. Cette différence porte en fait sur la prononciation du son [r], qui est beaucoup plus marquée chez un américain que chez un britannique.

Petit retour en arrière pour expliquer cette différence… Avant et pendant la Révolution américaine, les anglais, à la fois en Angleterre et dans les colonies, parlait avec un accent ‘rhotic’. Mais vers le tournant du 19ème siècle, une utilisation ‘non-rhotic’ de la langue a vu le jour dans le sud de l’Angleterre, en particulier parmi les classes supérieures et bourgeoises. Cet accent ‘posh’, qui était un signe de statut social élevé, est ainsi devenu le fameux RP, largement enseigné par les tuteurs à ceux qui voulaient apprendre à parler de manière ‘fashionable’. C’est grâce à son caractère neutre et facile à comprendre que le ‘Received Pronunciation’ s’est étendu à travers l’Angleterre et l’empire britannique par l’intermédiaire des forces armées, du service civil et plus tard, de la BBC.

Comme précisé précédemment, il y a des exceptions régionales à ces accents standardisés. En effet, certains accents de l’Angleterre du sud-est et ceux d’Ecosse et d’Ireland sont ‘rhotic’ tandis que dans certaines zones d’Amérique du sud-ouest, ainsi qu’à Boston, on parle avec un accent ‘non-rhotic’.

2ème bonne raison : le lexique et les expressions

Vous avez déjà dû le remarquer, il y a souvent des différences d’orthographe entre l’anglais britannique et l’anglais américain. Mais d’où vient ce décalage ? L’anglais britannique a eu tendance à conserver l’orthographe des mots qu’il a absorbé d’autres langues (par ex. le français), tandis que l’anglais américain a adapté l’orthographe pour refléter la façon dont les mots sonnent quand on les prononce. On le voit bien dans les exemples suivants : le britannique va écrire centre, fibre, litre, theatre tandis que l’américain va écrire center, fiber, liter, theater. Les mots finissant en –our en anglais britannique (ex. colour, humour, neighbour) finissent en –or en anglais américain (color, humor, neighbor).

On nous a appris à la fac qu’il fallait absolument choisir l’un ou l’autre et ne surtout pas les mélanger. Cependant, dans la pratique, certains orthographes sont acceptés en anglais britannique, notamment les terminaisons en –ize / -ization (comme dans globalize / globalization).

Oxford Dictionaries répertorie presque 300 termes et expressions radicalement différentes entre ces deux variétés d’anglais mais qui servent à désigner la même chose. Par exemple, la fameuse « agony aunt » que nous avons tous rencontrés pendant notre parcours scolaire se prénomme plus simplement « advice columnist » en anglais US. Les frites, quant à elles, sont apparemment une invention française selon les américains (je croyais que c’était belge ??) étant donné qu’ils les appellent « French fries », tandis que le britannique lui va manger des « chips ». On voit bien ici qu’une langue = une vision du monde. C’est encore plus flagrant quand un anglophone parle du premier étage : un américain va le désigner par « second floor » tandis que le britannique va dire qu’il monte au « first floor ». Encore plus étrange, « public school » en Grande Bretagne désigne la même chose que « private school » aux Etats-Unis. Il y a de quoi en perdre son latin… !

3ème bonne raison : la culture en général : nourriture, cinéma… et savoir-vivre !

Quelle « junk food » (mal-bouffe) préférez-vous ? Les burgers de McDonald’s et Burger King, ou bien les fameux « fish and chips » et le très frenchie « Prêt à Manger » ? Cette chaîne, qui a vu le jour en 1986 à Londres, propose des salades, des sandwiches et des macaronis au fromage dans ses 300 points de vente à travers l’Angleterre, l’Ecosse et le Pays de Galles. Quant au géant américain KFC (qui signifie Kentucky Fried Chicken), il compte 14.000 restaurants répartis dans 80 pays à travers le monde. Ce n’est qu’en 1991 que le premier KFC ouvre ses portes en France, à Villiers-en-Bière (Seine-et-Marne), alors qu’il est implanté au Royaume Uni depuis 1965 et a vu le jour en 1952 aux Etats-Unis !

En matière de cinéma, préférez-vous le flegme britannico-chic à la Hugh Grant ou la virilité americano-transpirante à la Bruce Willis ? Là encore, c’est une question de goût… Et comment choisir entre les sourires ravageurs de George Clooney et Jude Law… ? Certes l’âge, me direz-vous… Mais s’il y a une chose sur laquelle il est facile de trancher en matière de cinéma, c’est l’humour ! Personnellement, je suis une grande adepte de l’humour britannique, ce style complètement décalé qui me fait mourir de rire ! Il paraît d’ailleurs que ce sont les anglais qui auraient inventé l’humour… Bref, en ce sens, je me place en marge de mes compatriotes gaulois qui revendiquent pour la plupart l’humour américain, que je trouve plutôt gras et lourdingue. Je ne peux pas regarder plus de 5 minutes un film comme ‘American Pie’, mais il faut bien avouer que les ‘Hot Shots’ sont hilarants ! Quant aux séries comme ‘Friends’,How I Met Your Mother’ ou ‘Big Bang Theory’, encensées par la majorité des personnes de mon entourage, me filent le cafard !

En matière de savoir-vivre, il semblerait que les critères de politesse et de respect ne soient pas tout à fait les mêmes d’une part et d’autre de l’Atlantique… Sur BBCAmerica.com, la rubrique ‘Mind the Gap’ évoque de façon drôle et ludique les différences culturelles entre américains et britanniques les plus visibles de la vie quotidienne. Avec le sous-titre, ‘A Brit’s Guide to Surviving America’ (« Guide de survie pour les britanniques en Amérique ») le ton est donné ! Dans un article intitulé ‘10 things Brits Say… and What Americans Think We Mean’ (« 10 choses que les britanniques disent… et que les américains pensent comprendre ») on apprend par exemple que, quand un britannique dit simplement « Sorry », son confrère américain comprend « Toutes mes excuses, je suis profondément navré », alors que le fait de dire pardon pour le premier n’est rien de plus qu’un tic national qui n’a rien à voir avec une déclaration venant du fond du cœur ! Un autre article ‘10 Things Brits Do that Drive Americans Nuts’ (« 10 choses que font les britanniques qui rendent les américains zinzins ») indique, toujours sur le ton de l’humour, les erreurs à ne pas commettre si on est britannique et qu’on veut se faire des copains américains. Par exemple, croire que les américains n’ont pas d’humour est à éviter, et prendre soin de ses dents et de ses ongles est fortement recommandé. Donc « si vos dents ressemblent à des pierres tombales moisies et ébréchées et que vos ongles ne sont plus que des griffes sales et déchiquetées, ne vous attendez pas à recevoir de nombreux cartons d’invitation ! »  Cela en dit long sur ce que les uns pensent des autres…

Et maintenant, réagissez !

Et vous, êtes-vous quel est votre « anglo-style » ?

Etes-vous plutôt US ou UK… ?

SOURCES

http://www.foxnews.com/entertainment/2012/08/01/kate-moss-out-kate-upton-in-healthy-size-models-back-in-vogue/

http://www.oxforddictionaries.com/words/british-and-american-spelling

http://www.bbcamerica.com/anglophenia/2014/12/10-british-fast-food-restaurants-worth-checking-out/

http://theoatmeal.com/pl/minor_differences4/accents

http://www.bbcamerica.com/mind-the-gap

http://mentalfloss.com/article/29761/when-did-americans-lose-their-british-accents

http://www.bl.uk/learning/langlit/sounds/case-studies/received-pronunciation/

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